Mylène est plasticienne illustratrice, le dessin était comme une seconde nature pour elle, un moyen d’expression nécessaire pour appréhender le monde complexe auquel elle appartient.

Grâce à une formation aux Arts Déco et à sa sensibilité, elle est plus attentive au dessin des choses. L’observation, source de découverte, d’émerveillement et de savoir permanent, lui a permis d’approfondir et de saisir ses aspirations.

Les assemblages d’objets sont nés d’une réflexion sur la mémoire de notre époque (objets témoins du temps). L’objet utilitaire, à travers les tendances, l’industrialisation, la surconsommation, perd de sa valeur initiale. Démodé, il n’a plus sa place. C’est une partie de notre histoire qui tend à disparaître. 

De façon poétique, inattendue, les personnages loufoques portent les objets mémoires. Les tasses, couvercles et autres emballages deviennent alors des coiffes originales, les théières prennent des allures de robes haute couture. Seules les têtes sont modelées à la façon de caricatures avec un jeu de disproportion légèrement monstrueuse.

Les formes qu’elle associe sont tout sauf du hasard, c’est l’observation du dessinateur qui guide ses créations. Elles nous parlent de féminité (à l’heure où le voile se lève sur la ségrégation faite aux femmes) entre force et fragilité dans toute son ambivalence et complexité.

C’est surtout un hommage à la transmission intergénérationnelle (passage d’une liberté fragile).

“Rien ne se crée, tout se transforme…”